Entre Exil et Stagnation

Ce qui était jadis un difficile périple dans le but d'atteindre une vie meilleure et plus sécuritaire en Europe est aujourd'hui devenu une stagnation dans les limbes politiques. Depuis le traité avec la Turquie le 20 mars 2016, les frontières européennes se sont fermées aux réfugiés et la situation a énormément changé, autant pour ceux qui étaient déjà arrivés en Grèce que pour ceux qui attendaint de traverser la mer Égée.

Cet essai photographique étudie l'évolution de cette crise des réfugiés en Grèce en comparant les contrastes à travers les images prises à l'automne 2015 et celles plus récentes du printemps 2016.

Il est possible d'apercevoir les côtes turques à partir de la plage de Skala Sikamineas sur l'ile de Lesbos, point d'arrivée privilégié des bateaux de réfugiés. Il est maintenant rare d'en voir arriver, à peine un par jour alors qu'auparavant plusieurs dizaines entreprenaient la dangereuse traversée de la mer Égée quotidiennement. Il ne reste plus qu'un bateau vide, prêt à être utilisé par les équipe de sauveteurs.

Ile de Lesbos, Octobre 2015/Juin 2016.

De nombreuses scènes tragiques ont pris place dans le port de Molyvos où les réfugiés arrivaient pendant la nuit après être secourus in extremis par les gardes côtes. Les touristes et pêcheurs du coin ont repris leur place traditionnelle.

Ile de Lesbos, Octobre 2015/Juin 2016.

Ils sont arrivés par dizaines de milliers sur les iles grecques afin de rejoindre l'Europe et de poursuivre leurs rêves d'une nouvelle vie loin de la guerre. Les frontières maintenant fermées, l'Europe est devenue un rêve impossible et hors d'atteinte.

Ile de Lesbos, Octobre 2015/Juin 2016.

Avec les arrivées quotidiennes des bateaux, les plages de Lesbos se sont remplies d'épaves d'embarcations pneumatiques et de gilets de sauvetage. Maintenant nettoyées, les plages sont calmes et tristement vides des touristes habituellement présents.

Ile de Lesbos, Octobre 2015/Juin 2016.

Les magnifiques paysages de l'ile de Lesbos présentaient de forts contrastes avec les événements difficiles s'y déroulant. Les rencontres amoureuses semblent plus habituelles dans de telles circonstances.

Ile de Lesbos, Octobre 2015/Juin 2016.

Maintenant désertes, certaines plages reculées présentent encore les signes d'une intense activité passée.

Ile de Lesbos, Octobre 2015/Juin 2016.

Les amoncellements de gilets de sauvetage et bateaux pneumatiques sur les plages ont été ramassés et entreposés loin des regards dans un dépôtoir improvisé au milieu de l'ile. Les chèvres sont les seuls gardiennes de cette montagne de déchets rapellant les événements passés.

Ile de Lesbos, Octobre 2015/Juin 2016.

Le camp de Moria servait autrefois de point d'enregistrement pour les réfugiés poursuivant leur périple vers l'Europe de l'Ouest. Déjà à l'époque, ils rêvaient d'une plus grande liberté de déplacement. Le rêve a tourné au cauchemar et depuis la fermeture des frontières, le camp de Moria est maintenant un camp de détention.

Ile de Lesbos, Octobre 2015/Juin 2016.

Les immenses bâteaux de croisière faisant la liaison entre le port de Mytilène sur Lesbos et d'Athènes accueillent de nouveau leurs clients habituels; les touristes.

Ile de Lesbos, Octobre 2015/Juin 2016.

Entourés par les immenses paquebots, les migrants ne faisaient que passer par Piraeus, le port d'Athènes sur leur chemin vers le nord du pays. Aujourd'hui, plusieurs milliers ont pris refuge dans des camps improvisés à même le port et vivent au milieu des bateaux par lesquelles ils sont arrivés.

Athènes, Octobre 2015/Mai 2016.

Les nombreux camps parsemant le périple migratoire étaient autrefois des arrêts temporaires de quelques heures jusqu'à une journée ou deux. Avec plus de 40 000 réfugiés pris en Grèce pour une durée encore indéterminée. La vie reprend son cours et la routine quotidienne s'établit dans une tentative de normalité et de permanence.

Gevgelija, Macédoine, Octobre 2015/ Ile de Lesbos,Grèce, Juin 2016.

À la frontière Nord de la Grèce avec la Macédoine, Idomeni fut autrefois un point de transit rapide pour devenir ensuite le plus grand camp de réfugiés en Europe. Plus de 15 000 migrants ont habité le camp dans l'espoir que la frontière allait ré-ouvrir. Espoirs déchus, le camp a été évacué et il ne reste maintenant que des traces du village improvisé.

Idomeni, Grèce. Octobre 2015/ Mai 2016.

Là où des milliers de personnes ont établit refuge et résidence temporaire, il ne reste plus que des indices de vies passées.

Idomeni, Grèce. Octobre 2015/ Mai 2016.

Du train qui transportait les migrants vers le nord de la Macédoine pour la Serbie, on ne retrouve que les rails et les traces de milliers de personnes y ayant élu domicile. Absents dorénavant sont le train et les réfugiés.

Idomeni, Grèce. Octobre 2015/ Mai 2016.


Pour plus davantage d'informations sur mon travail en 2015 sur le périple des réfugiés du Liban jusqu'en Allemagne:

Exil; un essai photographique